L’importance économique de la prolificité dans un élevage n’est plus à démontrer.
Il existe une dizaine de méthodes de détection de l'ovulation,
avez-vous trouvé la bonne ?
Lors des chaleurs, chez la chienne, il existe de nombreux changements.
Les variations, les plus intéressantes pour l'éleveur canin, servent à identifer le moment précis ou l'ovule est produit, afin d'estimer le moment où il sera mature, donc fécondable.
Des études vétérinaires ont révélé, avant l'ovulation, des changements :
- de concentration de nombreuses hormones,
- d'états physiologiques,
- comportementaux,
- des variations de la température interne.
Si des mesures précises et régulières sont réalisées, les variations observées permettent de tracer une courbe et de déterminer ainsi le changement important pour la reproduction.
Surveillance de la composition de l'épithélium vaginal
En relation avec la variation des taux d'hormones, la paroi du vagin, l'épithélium, est constituée de cellules qui changent durant les chaleurs. Certaines cellules sont présentes ou absentes, certaines grossissent, changent de forme, s'amassent, puis disparaissent.
Un prélèvement dans le vagin est réalisé sur un écouvillon. Il est étalé sur une lamelle d'observation ; après coloration, son observation au microscope, permet de connaître la phase dans laquelle se trouve la femelle. Il existe plusieurs méthodes de coloration des cellules.
Même si la méthode n'est pas d'une précision absolue pour déterminer l'ovulation, elle permet de connaître la phase de la lice et est facilement réalisable en élevage canin.
Mesure de la variation de la résistivité de la muqueuse vaginale
Toujours en relation avec les variations et libérations d'hormones, les caractéristiques physiques du mucus vaginal, produit au niveau du cervix, changent. Les propriétés électriques de ce milieu varient, au fil de la production des œstrogènes, pour atteindre un pic lors de l'ovulation.
A l'aide d'un sonde introduite dans le vagin de la lice, il est facile de mesurer l'opposition à un très faible courant électrique et de tracer une courbe de valeurs. Cette courbe permet de connaître avec précision le moment de l'ovulation et permet d'organiser la saillie ou l'insémination.
Un appareil a été mis au point par une société polonaise en 1993 : le détecteur électronique d'ovulation DRAMINSKI.
Cet appareil est utilisé avec succès dans le monde entier, il a été imité, mais il est peu connu en France. Il est facile à utiliser en élevage canin et permet de réaliser des économies importantes.
Mesure de la variation du taux d'œstradiol
L'œstradiol 17ß est l'hormone la plus précoce à dépister. Son taux connaît une élévation brève et permet de situer l'ovulation 4 à 5 jours après son pic.
Le pic du taux d'œstradiol est déterminé par des analyses de prises de sang réalisées sur des jours successifs.
Les concentrations physiologiques en œstradiol sont beaucoup plus faibles que dans l'espèce humaine ; aussi les dosages de cette hormone (en pg/ml) ne peuvent être réalisés que dans de rares laboratoires spécialisés. Les mesures de taux d'œstradiol ne sont réalisées, dans les faits, que lors de l'élaboration de tests spécifiques et sont assez onéreuses.
Mesure de la variation de la teneur en LH
La Luteostimulating Hormone (LH) est une hormone secrétée par l'hypophyse.
Une hausse importante du taux de LH (en ng/ml) précède l'ovulation d'environ 48 heures. Cette hormone stimule les follicules ovariens, jusqu'à les faire "éclater", pour libérer les ovocytes (futurs ovules).
Le pic du taux de LH canine est déterminé par des analyses de prises de sang : 2 par jour, plusieurs jours successifs, sont souvent nécessaires. Les dosages sont mesurés par de rares laboratoires spécialisés. Une estimation du pic de LH peut être réalisée par analogie avec le taux de progestérone sanguine, lors d'écarts de faibles valeurs.
Même si elle permet une planification précoce de la fertilisation 4 à 6 jours avant, elle est extrêmement coûteuse et les labos compétents rares. Des kits de dosages de type ELISA spécifiques existent, mais leur mise en oeuvre et leur conservation ne sont pas à la portée de tous.
Mesure de la variation de la teneur en progestérone
La progestérone, chez la chienne, est une hormone libérée par les ovaires dans le sang, sa concentration passe d'un niveau dit basal, à des valeurs élevées indiquant l'imminence de l'ovulation ou l'ovulation elle-même.
Les mesures de taux de progestérone sont réalisées à partir de prises de sang (1 à 2 par jour) prélevées sur quelques jours consécutifs jusqu'à l'ovulation.
Il existe deux méthodes de dosage de la progestérone :
- une méthode semi-quantitative, qui manque de précision, réalisée à l'aide de kits de tests rapides ;
- une méthode quantitative réalisée par un laboratoire d'hormonologie vétérinaire ou un laboratoire d'analyses dont l'analyseur est étaloné par un laboratoire d'hormonologie vétérinaire.
Les mesures nécessitent des prises de sang répétées ainsi que de nombreux déplacements et échanges d'informations avec des tiers.
C'est toujours l'écart par rapport à une mesure précédente qui est important.
La succession des écarts observés ou les changements constatés permettent de tracer une courbe.
Surveillance du changement d'état des ovules par échographie
Dans l'ovaire, la rupture des follicules ovariens s'accompagne de la libération d'ovocytes (les futurs ovules). Lors de leur apparition, ces ovules ne sont pas matures, donc non fécondables, ils doivent se transformer. La maturité des ovules est observable.
L'évolution des ovules et des ovaires peut être observée dans un cabinet vétérinaire équipé d'un échographe performant. L'échographie ovarienne permet la visualisation d'un changement d'état des ovaires et une surveillance de la modification de structure des ovules. Les examens doivent être programmés quelques jours successifs, idéalement ils doivent être espacés de 12 à 16 heures.
C'est la méthode la plus instructive sur la future portée. Elle n'est pas la moins onéreuse...
Examen de la variation d'aspect de la paroi vaginale
Lors des chaleurs, la muqueuse du vagin connaît des variations de forme et de couleur.
L'endoscopie vaginale est un examen simple qui permet à un vétérinaire équipé d'un dispositif invasif d'apprécier l'aspect de la paroi vaginale et déterminer l'imminence de l'œstrus.
L'examen requiert des visites répétées dans un cabinet équipé d'un endoscope.
Etude de la variation des pertes vulvaires
Les pertes changent d'aspect au cours des chaleurs de la chienne.
La couleur, la viscosité, l'abondance ne sont pas des signes significatifs, il ne renseignent pas fiablement l'éleveur.
Acceptation du mâle
La femelle, en principe, n'accepte le mâle qu'au moment opportun de l'accouplement.
En principe seulement... car, dans la réalité, il y a des femelles qui n'acceptent jamais et d'autres, pas au moment idoine.
Signe d'Amantéa
Lors d'un toucher de la région vulvaire ou du périnée, la femelle creuse son dos et dévie la queue comme pour mieux accepter l'organe du mâle.
Cette acceptation n'est pas un signe marquant, la femelle peut ne jamais accepter le mâle.
Variation de la taille de la vulve
Au début des chaleurs, la vulve présente un aspect très dilaté.
La taille diminue au moment de l'ovulation, mais sans exactitude... aucune.